J’ai roulé au Bol d’Or : deux tours pour la légende

A mon petit petit niveau et loin des projecteurs, j’ai également participé à la légende du Bol d’Or. Enfin, seulement pour deux tours de piste

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Le Bol d’Or forge sa légende à travers les âges. Pour cette 81e édition, j’ai moi aussi participé à la grande histoire du Bol d’Or. Enfin, pour être plus précis, je l’ai fait à mon petit niveau et loin des projecteurs, seulement pour deux tours de piste. 

Pour cette édition 2017 du Bol d’Or, on pouvait inscrire son nom dans l’histoire de cette course en étant présent sur la piste, et ce sans même participer à l’une des trois courses du week-end ! En effet, le samedi matin, à quelques heures du départ de la course de 24 heures, le magazine Moto Revue et la marque Triumph ont organisé des parades de deux tours chacune, donnant l’occasion à 200 motards chanceux de poser leurs roues sur le circuit. J’ai eu la chance de faire partie de ce groupe et de vivre cette belle expérience.

La parade Triumph a consisté en un unique groupe de cent personnes, évoluant à rythme plutôt lent et saluant la foule dans une belle ambiance bruyante. En revanche, la parade Moto Revue était plus musclée. J’y ai participé avec ma moto (Yamaha R1 2008) et elle m’a donné le sourire pour le reste de la journée ! Les cent élus de cette parade Moto Revue ont été divisés en trois groupes de trente personnes, chaque groupe étant présent sur la piste de manière séparée. L’encadrement était réalisé par l’école de pilotage BMC : lors du briefing, les organisateurs nous ont rappelé de ne pas rouler trop vite, que les dépassements étaient interdits, que l’on était là pour une découverte et pas une chasse au chrono. Alors que j’écoutais attentivement, j’ai vu des sourires s’esquisser autour de moi et j’ai entendu quelques rires flotter dans l’air : demander à un motard de ne pas accélérer sur un circuit, c’est avoir la certitude que la promesse sera bafouée dès le premier virage. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé.

Si les plateaux et les collines provençales qui entourent le Circuit Paul Ricard pouvaient parler, que nous raconteraient-elles sur l’Histoire du Bol d’Or ?

C’est parti. Notre entrée sur le circuit s’effectue au niveau de la courbe de Signes : dès les premières dizaines de mètres de bitume, je vois des motards se doubler. On dirait des lions qui ont été retenu trop longtemps en cage. Sans hésiter, je me « conforme » à l’ambiance du jour et je commence à attaquer. Vu la largeur de la piste, il y a d’ailleurs de quoi effectuer quelques dépassements sympas dans les premiers virages qui s’offrent à moi : le Beausset, Bendor, Garlaban, puis les virages du Lac et du Pont. A la ligne droite des stands, je me retrouve juste à côté d’une belle Yamaha R1 dernière génération (2015-2017). On a mis tous les deux un bon coup de gaz mais mon « concurrent » a freiné plus tôt que moi et je l’ai perdu. Les commissaires de course situés au premier virage du circuit jouent le jeu de la parade et nous saluent de la main. Dans les virages qui suivent, je dépasse pas mal de monde, en prenant des intérieurs et – je l’avoue – quelques extérieurs. Puis arrive la fameuse ligne droite du Mistral.

Le Mistral, ce bout droit de 1,8 km qu’on attendait tous ! J’accélère, j’accélère encore. Le moteur s’exprime de plus en plus fort et je passe la barre des 200 km/h. Mais il y a du monde dans cette ligne droite et je vois que les motos évoluent à des rythmes irréguliers. Je ne veux pas pousser le vice trop loin dans cette parade et je me dis : « ok, je coupe à 250 km/h compteur ». Dans la deuxième moitié de la ligne droite, j’ai tenu ma promesse faite à moi-même quelques secondes plus tôt. 250 km/h au compteur, soit sûrement aux alentours de 235 km/h réels, ça fait déjà de belles sensations et quelques vibrations dans le casque !

Au moment de me lancer dans la rapide courbe de Signes, un courant électrique me traverse le corps et le cerveau : le temps se ralentir et j’ai un peu l’impression de faire partie de la grande histoire du Bol d’Or. Ce sentiment se confirme plus tard : avant de repasser dans la ligne droite des stands, le public présent dans les tribunes du Virage du Pont applaudit et lance des signes de sympathie aux motards de la parade. Sous mon casque, je ne peux pas m’empêcher de sourire. Je me dis que, moi aussi, j’ai roulé au Bol d’Or : à défaut d’avoir effectué 24 heures pour la gloire, j’ai roulé deux tours pour la légende. Plus précisément pour ma propre légende, ma petite légende à moi. Et ça, dans la vie d’un passionné de moto, ça n’a pas de prix.

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