Un missile dans la ligne droite du Mugello

Sur le mythique Circuit du Mugello, le record de vitesse en MotoGP a été battu hier. Sur les 1141 m de ligne droite, Andrea Dovizioso s’est déplacé à près de 100 mètres par seconde

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Sur le mythique Circuit du Mugello, le record de vitesse en MotoGP a été battu hier. Avec 1141 m, la ligne droite du Mugello n’est pas la plus longue ligne droite du calendrier (la plus longue est à Austin avec 1200 m), mais c’est là qu’Andrea Dovizioso a atteint la vitesse maximale jamais enregistrée en MotoGP : 356,5 km/h !

La plupart d’entre nous ne sauront jamais ce que l’on peut ressentir à cette vitesse au sol. 356,5 km/h, c’est beaucoup. Surtout quand on se rend compte qu’à cette vitesse sur sa moto, Dovizioso parcourt presque 100 mètres par seconde !

Ducati à la charge

Ce nouveau record de vitesse a eu lieu hier, lors du Grand Prix d’Italie, pendant la course : sur sa Ducati, Dovizioso a enregistré cette vitesse dans son 4e passage dans la ligne droite, au début de son 5e tour. Petit détail : lors de la deuxième séance d’essais libres de vendredi, le pilote italien avait déjà signé un nouveau record avec une vitesse de 356,4 km/h. Les 0,1 km/h supplémentaires s’expliquent sûrement par la motivation en course. Ou pas.

Les deux autres vitesses les plus rapides en MotoGP avaient déjà été enregistrées sur la ligne droite du Mugello et par la moto Ducati : 354,9 km/h par Andrea Iannone en 2016, 354,7 km/h par Michele Pirro en 2017. C’est l’une des raisons pour lesquelles on surnomme cette moto « la balle de Bologne », en référence à sa vitesse et la ville d’origine du constructeur.

Dans la ligne droite du Mugello, Capirossi avait atteint la vitesse de 332,4 km/h avec la Ducati GP 2003 de 990 cm3 : depuis la première version de la Ducati Desmosedici il y a 15 ans, environ 25 km/h de vitesse de pointe ont donc été gagnés. Pas mal du tout !

Si les vitesses maximales augmentent mais que la ligne droite ne s’agrandit pas (a priori…), ça veut dire qu’il y a forcément un gros freinage de cochon qui attend les pilotes au bout !

Freinage de bûcheron

Et c’est en effet le cas au Mugello ! Après avoir dépassé les 350 km/h dans la ligne droite, les pilotes doivent négocier le virage 1, San Donato. Quand un virage porte le nom d’un saint, tu te dis qu’il y a forcément une embrouille. Tu ne t’es pas trompé : San Donato au Mugello, c’est le moment où ton coeur te remonte dans la bouche. Je dis ça pour être poli et ne pas utiliser une autre expression qui concerne une autre partie de la biologie humaine…

Lorenzo, Rossi et Márquez dans le virage San Donato hier, lors du Grand Prix d’Italie 2018. (Crédits : MotoGP.com)

Pour négocier San Donato, les pilotes de MotoGP, qui arrivent à environ 350 km/h, freinent pendant
environ 5,2 secondes sur une distance d’environ 290 mètres, pour finalement passer le virage à 90 km/h : un vrai freinage de bûcheron ! Ce freinage au virage 1 est d’ailleurs le quatrième plus gros freinage de la saison en MotoGP. Les trois premiers sont, du plus difficile au « moins difficile », le virage 12 à Austin, le virage 5 à Termas de Rio Hondo et le virage 1 à Sepang.

Je me pose une question : s’il n’y avait pas de virage qui les attendait, quelle vitesse pourraient atteindre les MotoGP ? Peut-être 370 km/h ? Peut-être 390 km/h en adaptant la machine (boîte de vitesse, démultiplication, etc) ? Pourquoi pas même 400 km/h ?

Pour obtenir la réponse, pourquoi ne pas tester un jour une MotoGP en ligne droite sur une piste d’aéroport ? Voilà un événement promotionnel qui pourrait plaire à Red Bull ! En 2016, sur le pont Osman Gazi en Turquie, la marque de boisson énergétique avait déjà sponsorisé le run de Kenan Sofuoglu avec la Kawasaki H2R de 326 ch, alors on ne sait jamais…

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